La dépendance affective? vs la manipulation émotive (2)

                                                            Au bureau dans les années 80
Texte modifié en 2017
Trois ans avant la séparation dont je parle dans la première partie de cet article, comme je n’avais plus d’estime de moi et que j’étais mêlée, ne sachant plus si je devenais folle ou si on jouait avec ma tête, je lus avec avidité « Ces femmes qui aiment trop ». Je réussis un temps à me convaincre que j’étais responsable de mon propre malheur.
Sans me rendre compte alors, que mes relations amoureuses précédentes ne m’avaient jamais causé un si grand malaise, un si grand mal-être. Une si grande souffrance.
Je ne me reconnaissais plus:  de fonceuse, rebelle et féministe, j’étais devenue craintive, soumise et je n’osais plus donner mon opinion de peur de me faire rabrouer.  Plus la situation se détériorait, plus j’étais convaincue que c’était ma faute.
Comme ce livre ne suffisait pas et que je croyais vraiment être une dépendante affective à grande échelle, j’allai suivre des ateliers sur le sujet dans un CLSC près de chez moi.
Pour me rendre compte que finalement, ces femmes ne faisaient que se plaindre et ne cherchaient pas, à ma connaissance, de solutions.
Je vivais donc un sérieux malaise personnel et mon couple allait de plus en plus mal, je me décidai à m’inscrire à des ateliers de croissance personnelle avec « Ecoute ton corps » qui, à ce moment, me semblait tout indiqué pour me venir en aide.
Pas pour me séparer de l’homme que j’aimais et que j’admirais.  Mais bien plus pour me donner des outils pour me reprendre en main.  Pour redevenir la femme que j’étais AVANT.  Et peut-être « sauver mon couple » …. seule!
Devant mon besoin de modifier ma situation personnelle et amoureuse, mon conjoint du temps, sentant peut-être la soupe chaude me demanda alors:  « Qu’est-ce qui va nous arriver si tu vas à ETC, si tu vas en thérapie? ».
Je lui ai alors répondu ceci:   » Une de deux choses peuvent se produire:  Ou bien je change et m’améliore et notre couple se renforcit et nous avons une belle relation.  Ou bien alors, je change et m’améliore et notre couple explose! »
Etant donné que j’étais la seule à vouloir faire quelque chose pour « sauver » notre couple, j’avais déjà une partie de la réponse en moi.  Même si je ne voulais pas voir que la séparation se ferait un moment donné.
J’entrepris donc deux ou trois ans avant notre rupture de suivre non seulement des ateliers de croissance personnelle mais aussi une thérapie avec une psychologue certifiée.
Puis, quelques mois avant que je quitte mon conjoint, j’appris qu’existaient à Montréal, près de chez moi des ateliers donnés pour les femmes qui vivaient des situations de séparation, divorce ou violence psychologique.
Je me suis donc inscrite à ces rencontres durant l’été.  On donnait également des cours sur la violence familiale et conjugale au CLSC.  Je m’y suis inscrite.  Il me fallu 4 rencontres sur 7 avant de me rendre à l’évidence:  j’étais victime de violence psychologique!  Quel coup au coeur!
On m’apprit alors qu’il suffisait d’une seule année pour qu’une telle personne détruise la confiance en soi d’une autre personne.
Certains diront que j’allais chercher un lavage de cerveau pour quitter mon chum. Je ne suis pas d’accord.  Agréer à cette idée  serait rajouter  une couche à la culpabilisation dont trop souvent les femmes font l’objet:  après avoir  dit à une femme abusée qu’elle est une dépendante affective, si cette dernière va se chercher de l’aide on va lui dire qu’elle se fait laver le cerveau!  Comme si elle ne pouvait penser par elle-même.
Si j’étais restée à subir encore cette violence psychologique, je me serais dissoute et n’aurais plus pu remonter la pente vers la personne que j’avais été et que je pouvais redevenir.
Je dis souvent que je serais morte à petit feu.
La décision de quitter me prit  neuf mois exactement.  Comme une grossesse.
Comme il y avait alors une troisième personne dans le décor, ce fut ce qui me donna le coup de pied au c… pour sortir de cette relation malsaine.

(suite)

                                                            Dans les années 85-86

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