“La passion d’Augustine”

 

J’ai visionné « La passion d’Augustine ».


J’ai tardé longtemps avant de me décider à le regarder. Quand il était au cinéma, je me suis trouvé des excuses. Je savais que je serais émue.
 
Avec ce film, je retourne dans mes souvenirs de couventine. La vie ordonnée, bien réglée, calme, sérieuse, propre et l’autorité incontestable des religieuses laquelle dans mon cas, était bienvenue. Appréciée même. Savoir qu’on a un cadre, des limites à ne pas dépasser, qu’on grandit dans un climat de confiance avec des adultes responsables (bien sûr, ce n’est pas à la mode de parler de ce que les religieuses et les religieux ont fait de bien pour nous. Tellement plus payant de parler du négatif!).


Dormir dans un lit propre, avoir de l’eau chaude pour se laver, des vêtements propres, bien manger à sa faim. Etre enseignée non seulement les bonnes manières mais aussi le français, les maths et être encouragée à faire mieux que de son mieux. Viser plus haut même si on est issue d’une famille pauvre…
 
Etre encouragée par une religieuse en 6e année qui m’avait dit de rêver plus grand, de voir plus haut parce que j’avais l’intelligence pour.
Du positif dans ma vie. Et ce, malgré les prières matin et soir, les messes, vêpres, cérémonies religieuses longues. 
Pouvoir apprendre mais aussi rire, chanter, patiner, danses folkloriques incluses.


Le seul bémol: moi qui adorait la lecture… je n’avais que des biographies de saints à lire, ou presque… J’en connais une trollé sur la vie des saints!


Alors, quand je regarde ce film et que je vois les filles en costume circuler le long des corridors immaculés; les religieuses tout de noir vêtues, les sonnettes qui résonnent, le claquement des mains pour dire que la récré est finie ou qu’il faut se lever et faire son lit…mon coeur se réjouit et je me souviens du temps passé en sécurité.


Puis, lorsque Ginette, après les Fêtes est revenue avec des disques de Tony Roman et des Beatles… les soeurs étaient interloquées… Elles nous les ont laissé écouter… Avec un peu de désapprobation mais avec quand même un sentiment que les temps changeaient.

 
J’ai pleuré à la fin du film. Parce que cette époque est bien résolue, terminée, finie niet!


Est-ce mieux aujourd’hui? Pas certaine.


Je remercie toutes ces religieuses qui m’ont enseignée de 1958 à 1970, qu’elles soient Soeurs de Ste-Anne ou de la Congrégation Notre-Dame (les Soeurs grises). Elles doivent toutes être parties maintenant. On ne les a pas suffisamment appréciées.
 
Voilà. C’est long mais c’était nécessaire!

Une réflexion sur ““La passion d’Augustine”

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