Vivre ou mourir à petit feu 

A quoi je pense me demande Facebook!
Une réflexion me vient alors que je regarde quelques reportages du grand Anthony Bourdain.
Je compare sa soif de vivre avec le refus de vivre d’une personne que je connais. Bourdain a vécu sa vie jusqu’au bout, follement, en prenant de gros risques avec sa santé, sa sécurité: un grand aventurier moderne.
Il était un ancien héroïnomane, il a été cuisinier, chef new-yorkais puis, il a décidé de VIVRE et alors, il est devenu auteur de quelques bouquins, puis reporter qui nous a fait visiter le monde, les peuples, les pays les plus exotiques (le Bhutan, le Congo) comme les plus près de nous (New Jersey, les Maritimes, la Louisiane).
Il nous les a fait connaître et aimer par leur nourriture mais aussi leurs coutumes et ce qui les affectent, les rend tristes ou heureux. Il est allé partout. Même au Québec. Il a su nous montrer que bien que différents, ne parlant pas la même langue, ne mangeant pas les mêmes aliments, n’ayant pas les mêmes coutumes, nous sommes cependant tous PAREILS. Nous sommes tous humains, tous frères. Nous aspirons tous à une vie agréable, à avoir un toit sur la tête, une bonne job, quelque chose à mettre sur la table pour nos enfants.
Bourdain nous a montré que nous sommes au moins unis par la nourriture, par la “communion” autour de la table. Lorsque nous nous réunissons pour partager le pain, un repas, un verre de vin ou de bière avec la famille, les amis et même avec parfois un étranger. Ce sera sa plus grande réussite. Sa vie quoi qu’abrégée, aura servi à quelque chose.
Et je reviens à ma réflexion de ce matin: il y a beaucoup de façons de se suicider…
Bourdain a célébré la vie en la prenant à bras le corps et il a mis un terme à la sienne en se tuant. La personne à qui je pense se tue à petit feu en se restreignant, en s’imposant des limites, des interdits: des « j’peux pas faire ça, ça ne se fait pas, je n’ai pas le droit, qu’est-ce que le monde dirait si je …… »
La peur de vivre versus la soif de vivre.
Les barrières que nous érigeons nous-mêmes pour ne pas expérimenter, sentir, goûter, foncer, aimer, rire, danser, chanter et même prier nous empoisonnent la vie. Si nous le voulons, nous pouvons passer notre vie à nommer les responsables de notre vie étriquée: La religion, la société, nos parents… Nous oublions toutefois que nous nous restreignons nous-mêmes en nous imposant des limites et qu’ainsi nous MOURONS de peur devant la VIE!
L’étroitesse de nos vies, un corridor qui n’en finit plus avec quelques portes à gauche et à droite et une grande porte à l’autre bout, si lointaine et si proche à la fois. Et tout dépendant des portes, des fenêtres que nous ouvrons ou refusons obstinément d’ouvrir, nous vivons pleinement ou nous mourons peu à peu à nous-mêmes.
Et toujours nous avons le choix. Toujours!
Nous pouvons toujours « scrapper » notre « petite vie” en continuant de la limiter, de la restreindre, de l’empêcher de s’épanouir et l’une des meilleures façons de la ruiner c’est de nous perdre dans les paradis artificiels jusqu’à en mourir. Mais il y a aussi la peur de vivre… la peur d’aimer…
Nous avons toujours le choix.
J’admire hautement des gens comme Anthony Bourdain, qui malgré leurs années noires, leurs dépendances ou leur folies de jeunesse se sont réinventés et comme le Phénix sont ressortis plus beaux, plus vibrants des cendres de leur passé. Ces gens-là ne se cherchent pas d’excuses, ils ne jouent pas à la victime, ils n’accusent pas leurs parents, la société, la religion ou le voisin. Ils vivent.
Je pense à notre héros québécois Robert Piché. Un autre qui a su tirer avantage de son passé pour en ressortir grandi.
Nous pourrions tous en nommer un ou une qui nous épatent par leur résilience.
Oui, nous avons toujours le choix.
Bien sûr, nous ne sommes pas tous des héros, des célébrités qu’on s’arrache (et c’est tant mieux). Mais nous avons toujours le choix tous les jours de regarder notre vie, de la célébrer et de reconnaître qu’à notre façon, nous avons vaincu des obstacles que nous croyions insurmontables.
Et de regarder nos peurs, nos limites, nos propres craintes et nous demander quand et comment en dépasser au moins une.
Vous me direz que je suis bien pessimiste aujourd’hui. Oui et non. Il ressort de mes réflexions quelque chose de vraiment positif, de grand.
                                                               Hubert Lenoir
Je pense que la vie de tous et chacun est fascinante. Si seulement nous commençions par regarder le beau, le bon dans notre propre vie. En nous regardant dans le miroir. En faisant silence, cinq minutes par jour, en écoutant les oiseaux chanter, le vent dans les arbres, sans musique, sans cellulaire, sans télé… Cinq minutes par jour…
Si ensuite, nous écoutions l’Autre vraiment, nous parler de ce qu’il vit, d’où il vient et ce qu’il a fait des “cartes” qui lui ont été distribuées à sa naissance. En cessant de penser à la réponse que nous lui ferons dès qu’il y aura une pose entre deux mots, deux phrases.
Et surtout, si nous nous donnions la peine de vraiment ressentir que l’Autre, celui que nous jugeons, condamnons et finissons par détester… n’est que le reflet de ce qui se passe en nous et que nous refusons obstinément de voir. De ces limites, ces interdits, ces barrières qui nous étouffent, nous enferment dans une camisole de force, si seulement…
Il y aurait un début de compréhension, de douceur, d’affection pour les autres mais aussi pour nous-mêmes.
Je termine en vous suggérant un livre de Boris Vian que j’aime relire de temps à autres: “L’écume des jours”. C’est un bijou.
Pensées qui m’ont assaillie en regardant “Queens” sur CNN. Edifiant.

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