Le silence et moi

Chaque fois que je lis quelque chose de semblable, je réagis. Ça me hérisse!

Il y a bien sûr le « Qui ne dit mot, consent ». Adage avec lequel je suis bien d’accord.

Il y a mon expérience personnelle qui m’amène à dire que oui, parfois il est mieux de se taire. Mais très souvent, il est mieux de dire, s’exprimer, ne pas se laisser faire, ne pas endurer. Faire savoir qu’on en a marre. Qu’on ne vivra plus ce type de situation, que ce soit dans la famille, au travail, dans notre couple ou même avec nos amis.

J’ai eu à m’exprimer, ou à me défendre par la parole plus souvent qu’autrement. On m’a dit souvent (autant mon père biologique, que l’un de mes conjoints) de me la fermer, de m’étouffer. Autant on le disait à ma mère, autant on me l’a dit à moi. On me muselait en m’exprimant clairement que je n’avais rien d »intéressant à dire et que ce que je pouvais penser, dire ou faire n’intéressait personne!

Et puis, au travail, il m’a fallu parler, me défendre contre une patronne car elle abusait de son pouvoir par jalousie envers moi. Je la dérangeais: j’étais instruite, intelligente, je prenais de la place; dans son univers, dans son for intérieur, c’était comme lui enlever du pouvoir ou en tout cas, c’était quelque chose qu’elle jugeait inapproprié chez une subalterne.

J’ai réglé le cas en allant voir mon délégué syndical et en montant un grief contre elle. Lequel s’est réglé à mon avantage, hors cour.

Cependant, peu importe la situation, quand je cesse d’établir un dialogue, quand je me tais la prochaine étape c’est: je suis partie, je ne suis plus là. Au minimum mon silence veut dire que ça va très mal mais, pas pour moi.

Prenez quelques minutes pour lire ce lien

Par contre, je comprends que pour certaines personnes, il vaut mieux se taire. Je les comprends parce qu’il arrive que rompre le silence peut nuire, être même dangereux. D’ailleurs, il vaut mieux choisir ses batailles.

Quoiqu’en procédant ainsi, l’entourage du silencieux ne peut savoir ce qu’il ressent, ce qu’il pense de telle ou telle situation. Ce type de silence mène à une incompréhension, des malentendus et des préjugés qui peuvent mettre un terme à une relation plus souvent qu’autrement. Sans compter que pour celui qui le choisit à tort, il mène à internaliser ses émotions et finit parfois par développer chez le silencieux des maladies physiques et même mentales.

A l’opposé, je crois que le silence est bénéfique en ce sens que lors de méditation, de réflexion, de travail, de promenade seule ou même avec quelqu’un qu’on aime, le silence peut être un lien supplémentaire avec soi-même, avec l’être aimé, avec l’amie qui nous accompagne. Dénoter ainsi une réelle intimité qui n’a pas nécessairement besoin des mots pour s’exprimer.

Le silence devant la beauté d’un paysage, d’un bébé, d’un petit chien ou d’un oiseau qui chante, ce n’est pas le même type de silence. Lorsqu’on reste bouche bée devant le rose des joues d’un bébé, devant la merveille qu’est la naissance d’un petit, ce silence-là est bénéfique. Et encore davantage lorsqu’après une longue escalade en montagne, le paysage s’offrant à nous est si grandiose qu’on se sent tout à coup ébahi, et qu’instinctivement, on rend grâce! Cela est un des côtés positifs du silence.

Bon silence, bonne conversation, bonne discussion.

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