« Funky Town »…

Les années disco à Montréal

Dieu du ciel que j’espère que je ne ressemblais pas à ça dans les années 80!.

A cette époque, je détestais royalement le « night life » de l’Ouest de Montréal. Un style de vie qui ne me ressemblait pas du tout. Le snobisme y régnait, la superficialité, le « business-oriented »; sans compter le « meat market » du Thursday’s qui suffisait à m’éloigner à jamais de ce milieu là. Et puis, les bars pullulaient d’hommes d’affaires et de professionnels qui cherchaient à se taper une petite niaiseuse rêvant d’y dénicher un mari plein aux as alors qu’elle risquait de simplement devenir l’Autre, la maitresse, celle qui attendrait le bon vouloir de Monsieur.

D’ailleurs, quand on entrait dans un bar, tout de suite, quelqu’un nous jaugeait de haut en bas. « La p’tite nouvelle est-elle « en moyens », a-t-elle de la classe, de l’argent, une carrière « in » ou est-ce une quantité négligeable? Est-ce que c’est un bon coup gratis? »

Anecdote: Un 31 décembre, quelques amis m’avaient invitée à aller fêter dans une disco à la mode. Bien sûr, j’avais revêtu mes plus beaux atours, maquillée et tout le bataclan. On entrait pas là en jeans!

Alors que le décompte se faisait pour la nouvelle année et que nous étions à danser un « set carré », lorsque les gars qui étaient à l’intérieur s’arrêtaient devant une fille, celle-ci devenait automatiquement leur partenaire l’espace d’un mouvement ou deux de danse. Quand un jeune homme s’est arrêté devant moi, il m’a jeté un regard loin d’être admiratif et a changé d’idée. Je me suis retrouvée seule devant aucun cavalier pour finir la danse… Disons que ça donne une idée du savoir-vivre des trippeux de disco! Quand pour une seule danse, t’es pas foutu de faire danser la fille devant toi parce qu’elle n’est pas de ton goût… tu ne vaux pas grand chose et la place où tu te « tiens » non plus!

J’ai oublié le nom du bar en question et c’est tant mieux.

L’ambiance générale de la Casa Pedro, le 1234 et d’autres endroits « in » de la rue Crescent me déplaisait, les gens semblaient avoir tellement d’argent et le montrer ostensiblement ou encore, ils avaient de la poudre dans le nez à plus savoir qu’en faire… et je n’y ai mis les pieds qu’une ou deux fois. Par exemple, le Limelight. Cet endroit en particulier, j’y voyais la misère humaine se cachant derrière les habits rutillants, les chapeaux à large bords et les souliers à semelle compensée. Ca m’attristait et je préférais rester dans mon patelin que d’aller m’illusionner sur la nature humaine.

Je préférais la rue Saint-Denis, le Vieux-Montréal, la rue Prince-Arthur (le Vol de nuit, par exemple) et certains bars dansants dans le coin de la rue Laurier. J’y étais plus à l’aise. Du monde qui me ressemblait. J’étais plus le genre de filles qui détestent se maquiller, qui préfèrent les jeans et les jupe indiennes aux épaules surdimensionnées des vêtements disco.

Je n’aime pas le tape-à-l’oeil. J’aime la vie simple, la nature et les gens vrais, comme les abitibiens qui eux, quand ils te parlent, tu sais tout de suite que les circonvolutions intellectuelles et les enfirouapages de Casanova ce n’est pas leur tasse de thé. Non, eux, sont directs, droits et « carrés » dans leur propos comme les arbres de leur forêt. Ils te disent ce qu’ils pensent et ne mettent pas de gants pour te faire savoir où ils en sont. Bref, Je préfère le réel et non le factice.

Quand j’avais eu une semaine de travail stressante, harassante, quand être maman monoparentale était lourd et que j’avais $10 ou $15 en prévision d’une soirée de danse , plus des frais de gardiennage, je pouvais passer une bien belle soirée avec seulement $15. Car dans ces années-là, une bière coûtait $1.25 et pour retourner en taxi chez moi à Rosemont, je n’avais besoin que de $5.00.

Comme je préférais danser à boire, j’étais sur la piste de danse à partir de 21h30 et j’en débarquais à 3h du matin. S’il y avait un gars qui voulait me « cruiser » il fallait qu’il danse ou qu’il ait une conversation très intéressante donc, immensément patient. Très peu pour moi, le sirotage d’un drink au bar de la discothèque. D’ailleurs, je ne m’asseyais que peu. Pas pour rien que je suis restée mince aussi longtemps!

J’allais rarement danser pour me trouver une « date ». J’y allais pour danser, pour avoir du plaisir et oublier les problèmes de la vie courante. Je quittais rarement la piste de danse et je me contentais de 3 bières par soirée. JAMAIS je n’acceptais un verre d’un homme, d’un inconnu.

Pour la dope, on oublie ça. J’ai trop vu de filles quitter un bar escortée par deux hommes qui n’avaient pas l’air d’aller à la messe le dimanche suivant. Ca me servait d’avertissement: Ne jamais « perdre la carte » et toujours « savoir ce que je faisais, ce que j’avais fait, ce de quoi je devais m’éloigner et à qui j’avais affaire au courant de la soirée.


Mes bars préférés: Le Picasso, les Retrouvailles, le Passeport mais surtout le Beauvoir. Aux Pierrots bien sûr, dans le Vieux.

De ces bars et discos des années 70-80-90, il ne reste plus rien. Tous sont fermés depuis belle lurette. Comme pour le quartier de mon enfance, il n’y a plus grand chose qui en est encore témoin. Le Picasso est devenu un restaurant mexicain, juste à côté du « Bistro à Jojo » qui lui, n’a jamais cessé de fonctionner…

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