Les quartiers disparus de Montréal

Ah le Quartier des spectacle!

Autrefois, c’était une des rues oû j’ai habité, petite fille de 8-10 ans. J’allais à l’école tout près du quartier chinois, pratiquement en face de l’édifice d’Hydro-Québec. Le Village gay, je passais aussi par là régulièrement. Dans mon enfance, c’était une des rues les plus malfamées de Montréal, car durant la Guerre et les années 50, c’était le quartier chaud de Montréal, qu’on appelait le « Red Light ».

Parce qu’au-dessus des portes des bordels, une lumière rouge était omniprésente pour avertir les clients potentiels que c’était un endroit pour « ça »! Je me souviens d’avoir vu les ampoules au-dessus des portes, mais, petite fille que j’étais, je m’imaginais que c’était pour éviter que les habitants de la maison ne se blessent dans la noirceur!

ttps://www.flickr.com/photos/archivesmontreal/10209329924/in/album-72157636432800756/

Vers 1954, la Ville de Montréal sous la houlette du Maire Jean Drapeau a décidé de détruire ces taudis et en faire des HLM ou en tout cas, effacer cette partie de la ville qui avait servi de repères aux bandits, aux prostituées et aux voleurs de tous acabits. La pauvreté y régnait en maître et les familles gelaient l’hiver et mouraient de chaleur l’été car les maisons étaient mal isolées, en bois pour la plupart et on avait peine à garder la chaleur qui s’enfuyait par les interstices des fenêtres mal calfeutrées.

Cette épicerie, il y a des chances que je sois allée rejoindre ma mère qui y achetait la commande pour la famille durant ces années-là. Il y a eu un incendie et le livreur (polonais) refusait de sauter du 2e étage alors que les pompiers tentaient de le convaincre de sortir de là. Je devais avoir autour de 8 ans.

Quand j’étais enfant, vers 1958-59, je savais qu’il y avait encore de la prostitution et des proxénètes. J’allais parfois porter des chemises blanches de mon grand-père chez le « chinois » du coin qui tenait une buanderie.

Ou encore, je croisais quelque rare magasin de coin de rue avec de larges vitrines ornées de vieilles draperies oû des femmes étaient assises sans rien faire, attendant peut-être un client.

Je savais qu’il y avait un quartier chinois, je savais comment me rendre à l’école, à l’église Notre-Dame, au port de Montréal.

Je suis partie du quartier en 1962, à l’âge de 11 ans..

Quand j’y retournais périodiquement, je reconnaissais encore certains magasins comme Omer de Serres sur la rue Sainte-Catherine ou encore le chapelier Henri Henri. Certains édifices aussi.

Mais, le quartier a tellement changé. Le seul endroit que je reconnais maintenant ce sont les « Habitations Jeanne-Mance » aussi appelé le « Plan Dozois », près du CEGEP du Vieux-Montréal et quand même assez prêt de l’UQAM. Le quartier de mon enfance n’existe plus.

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