L’Esprit des Fêtes!

Je suis casseuse de party aujourd’hui, je vous informe tout de suite que ce texte ne va pas avec la pub du temps des Fêtes ni de la supposée ambiance joyeuse qui doit absolument prévaloir en ce moment. Vous pouvez quitter si ça vous dérange. Je ne serai pas fâchée.

Mais, j’ai besoin de dire ce que je pense et ce, depuis quelques années:

Je me sens exactement cette année comme en 2019: Je ne suis pas du tout dans l’esprit des Fêtes.

C’est quoi l’Esprit des Fêtes? De quoi parle-t-on exactement?

Fêter quoi au juste?

Noël, la naissance de Jésus, la religion de notre enfance? NON. La Messe de Minuit fout le camp, la famille aussi. La véritable raison de fêter encore plus.

La célébration de la maternité, de la naissance d’un enfant comme symbolisé par la Noël? NON. Ben non! la mode est à la dysphorie des sexes, la célébration des non-genrés. Faut pas célébrer la Femme, la Mère, celle qui donne la Vie! Oh que NON. C’est sexiste!

On célèbre la FAMILLE alors? re-NON!

Moins on voit la famille mieux c’est, on dirait! La pandémie a démantelé plusieurs familles, n’est-ce pas? Et puis, les amis c’est tellement plus important! Tellement plus le fun! Sans compter qu’on est tellement occupés, on travaille, nous autres! Et puis, y restent tellement loin….

Voir sa tante, son oncle, visiter sa grand-mère ou son grand-père, ouan, ok! On va se débarrasser de ça avant le 24, pour que ça ne dérange pas notre horaire serré de parties du temps des Fêtes. On aura hâte que ce soit fini comme une visite chez le dentiste.

On ne téléphone plus du tout pour souhaiter des voeux et jaser un peu, trop de trouble. On envoie un texto et ça fait la job. Des cartes de NOËL? C’est quoi ça?

Est-ce qu’on fête pour casser le trop long hiver? Ben non! On fout le camp dans le Sud pour ne pas avoir à recevoir ou endurer la famille avec laquelle on ne s’identifie plus pantoute.

Mais on fête quoi déjà au juste?

LA CONSOMMATION, LES CADEAUX, TROP DE CADEAUX, LE BLING-BLING, LES APPARENCES, VOYONS!

En oubliant volontairement ou non que nos traditions foutent le camp. Finie la musique québécoise, fini la musique de danse ou les sets carrés, pas de musique disco non plus, c’est tellement out! Non, on aime mieux une musique techno sans âme, sans vie.

On ne chante plus ensemble, on ne fausse plus en essayant une toune, on ne rit plus de ce cousin qui a pris un ptit verre de trop et qui fait un petit fou de lui. D’ailleurs, on le connait ce cousin???? On n’invite plus mon oncle Gérard ou ma tante Ginette à danser…. On n’est même plus présents, On s’ennuie avec eux autres…

Et puis les vieux, on veut pas les voir, ça nous met dans la face que tôt ou tard, que ça nous tente ou pas, on ne pourra plus SAUVER LES APPARENCES nous non plus.

On ne joue plus dans la même « talle » et ça paraît de plus en plus au fil du temps.

J’ai juste hâte que les Fêtes soient passées.

Désolée mais, ça défoule et ne pensez pas que je déprime oh que non. Je CONSTATE. Et je parle en général aussi. Y a pas que moi qui ressent cette tristesse ou cette mélancolie.

CLISSE, ON NE VEUT PLUS SAVOIR POURQUOI ON FÊTE!

Ca me rappelle une toune de Nanette Workman (dans Starmania) qui me faisait automatiquement quitter la piste de danse parce que je n’avais plus le goût de danser en entendant les paroles de « Naziland »:

(« On est tous des morts en vacances, mais on s’en fout, ce soir on danse! ».

https://www.youtube.com/watch?v=IbpRfzg0-a0

Quand j’étais adolescente et jeune femme, si on me disait qu’on allait visiter grand-maman ou qu’on allait voir mon oncle Arthur ou ma tante Janette, je ne chiâlais pas. Je me disais que c’était bien rendu le temps, qu’on mangerait bien, que je m’ennuierais un peu mais ça leur ferait tellement plaisir. Et si par « malheur », on demandait à Colette ou à moi-même de réciter un petit poême ou chanter une tite toune de Michelle Richard, on tassait nos Beatles et nos Stones de côté et on faisait ça pour faire plaisir aux aînés. On avait beau être « rebelles » et vouloir changer le système, on respectait nos aiëux parce qu’on s’avait que c’était eux qui nous avaient pavé le chemin pour la belle jeunesse sans soucis que nous avions.

Aujourd’hui, on dirait que c’est disparu. On s’en fout. Et même si tante Gilberte parlait avec les adultes de sujets ennuyants, on écoutait quand même. Parfois, on apprenait des choses d’autres fois, on les faisait un ti peu rire avec notre naïveté. Maintenant, oh que non! tous les prétextes sont bons pour ne pas rencontrer quelqu’un qui n’est pas de notre génération, qui n’aime pas nécessairement notre musique ou qui « pense trop » comme une nièce m’a déjà dit. Je lui avais répondu doucement que si la Nature m’avait donné un cerveau, c’était pour que je m’en serve!

J’ai envie d’être méchante et de dire que ceux qui se plaignaient des RPA et CHSLD durant la pandémie, eux qui se plaignaient de ne pas pouvoir voir leurs parents à cause de la Covid, ceux qui ont perdu quelqu’un à cause de ce sale virus-là, vont-ils faire quelque chose de spécial pour ceux qui restent cette année? Ou vont-ils se dépêcher de dîner à la salle à manger avec leurs « vieux » pour ensuite se péter la fiole durant tout le temps des Fêtes, pensant avoir fait leur devoir en visitant mémé ou pépé?

Sauf que j’ai besoin de dire que plusieurs seront seuls ou ne verront les gens de leur famille qu’en coup de vent. Ca déculpabilise tellement quand, à la télé, on nous rappelle en quelques courtes secondes que plusieurs seront seuls complètement durant les Fêtes. On y pense quelques minutes, on se dit que c’est donc ben plate pour eux…Ou encore on donne généreusement à la Guignolée des média. Après cela, on peut aller fêter le coeur léger! En oubliant justement que ce n’est pas tout le monde qui aura du plaisir ou qui a envie de fêter …

C’est pas une question de s’apitoyer sur soi ou les autres, c’est l’autre côté de la médaille. Autant certains ont le droit et le privilège de fêter dans la joie, la générosité et tout le bataclan, autant j’ai le droit de dire que ça ne me dit rien cette année. Bien sûr que je recevrai quelques personnes qui seraient toutes seuls le 24, le 25 et le 31, sans compter le 1er janvier. Si je ne les invite pas, ils n’auront personne et je serai seule avec mon chum. Qui est un vrai cadeau du Ciel.

Donc, le 30 je recevrai 6 adultes et deux enfants. C’est toujours ça de pris. Mais, si je n’invite pas, je ne reçois aucune invitation depuis longtemps, trop longtemps. Je ne suis pas regardante mais parfois, j’aimerais bien que ce ne soit pas qu’à moi à tout préparer, tout faire etc.

Alors, dans le moment, je n’ai pas le goût de faire semblant que la vie est belle et que tout va bien. Demain, je me sentirai probablement autrement. Je l’ai dit au début: si ce que vous lisez ne vous plaît pas, vous n’êtes pas obligés de me dire comment je devrais me sentir.

En 1993 et 1994, j’ai passé les Fêtes seule, vraiment seule. Une amie m’avait dit: « Noël sera ce que tu en feras ». Et c’est vrai. Surtout qu’à ce moment-là tout allait tout croche dans ma vie, sauf mon travail! Alors, oui, je me suis arrangée pour me faire un petit souper. Je n’ai pas appelé personne et personne ne m’a invitée. Ma douleur, ma peine, mon calvaire était trop grand, je ne voulais montrer ma face de Mater Dolorosa à personne et probablement que personne n’a pensé que j’aurais peut-être eu besoin.

Oh, j’ai réussi à boire du vin pétillant, me faire des petits hors-d’oeuvres et m’acheter du chocolat « cher ». Mais, je me suis endormie devant la télé. Puis, en 1995, je me suis reprise. J’ai fêté avec Colette et sa famille et aussi avec mon groupe d’entraide bénévole. Ca s’est remis en branle lentement.

Encore dans ce temps-là, les gens fêtaient et ce, peu importe si les vieux étaient invités ou si les jeunes faisaient trop de bruit… mais bon, je sais comment passer les périodes difficiles, je suis abonnée à la joie de vivre sauf que parfois, la fille forte, ben, elle n’est pas forte du tout!

Mon commentaire a beaucoup à voir avec mon ras-le-bol de la supposée joie et du bonheur constant qui semblent imprégner bord en bord tant Facebook qu’Instagram. Parfois, j’aime bien rappeler que tout n’est pas toujours tout rose dans la vie et ce, de chaque personne. Bien sûr, les réseaux sociaux ne sont pas nécessairement pour faire faire une dépression à nos amis et lecteurs. Mais de se rappeler que parfois, on a notre mausus de voyage de toujours avoir l’air « hop la vie » ou en tout cas, que l’on ne montre encore une fois que LES APPARENCES du bonheur. (Un coup mon défoulement terminé, ne vous en faites pas, je vais redevenir la fille positive que je suis). Allez bonne journée. JOYEUX NOËL!

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