Humilité, amour de soi, orgueil, arrogance

Quand j’étais enfant, on m’a appris à ne pas être orgueilleuse. Si on me faisait un compliment, je devais mettre automatiquement une sourdine. Si par exemple, on disait que je m’exprimais bien, je disais que c’était grâce à mes professeurs, ou parce que je lisais beaucoup et que je n’avais pas vraiment de mérite.

Si je m’étais sortie de la pauvreté de mon enfance, c’était grâce aux autres, les religieuses, les professeurs, mes parents adoptifs, ma soeur Colette mais, pas moi. L’orgueil était un bien détestable péché. C’est Yvette ma deuxième maman qui m’a dit que c’était grâce à mon intelligence et mon travail que j’étais rendue oû j’étais. Pour elle, c’était admirable d’être partie de rien pour devenir quelqu’un d’aussi articulé et de réussir ma vie.

Autrefois, on nous enseignait l’humilité pour ne pas dire l’effacement de soi. Il fallait être humble, n’avoir aucun signe de vanité, sinon on se prenait pour une autre, on avait l’air d’être un « ptit Jos connaissant ».

Je me souviens qu’un jour que je me regardais dans le miroir souriant devant l’image que celui-ci me renvoyait, mon ex-conjoint m’a dit de cesser de me refléter dans le miroir sinon je deviendrais narcissique et orgueilleuse. Ce ne sont pas les religieuses qui m’ont dit cela mais un laïc. Il avait fort bien appris sa leçon et s’en servait pour me diminuer.

Toutefois, il me vient à l’esprit que: ce legs d’humilité que mon éducation et mon entourage immédiat m’ont laissé, c’était de l’aplatissement de soi. Il m’a fallu des années pour m’en relever, sans cela, je serais probablement aller beaucoup plus haut dans ma carrière. « Quand t’es né pour un p’tit pain, t’es pas née pour la boulangerie! » ou pire: « Quand t’es valet, t’es pas roi! ».

Mais, (il y a toujours un « mais »), je souris parce qu’il m’a fallu dépasser cette « barrière ». Il m’a fallu travailler sur moi pour me rendre compte de qui j’étais, de ce que je valais comme être humain et de mes qualités qu’on m’assurait autrefois être des défauts. Moi, toute étonnée dans ma quarantaine de réaliser la chance que j’avais d’avoir telle ou telle qualité! Alors qu’avant, je recherchais ces qualités chez les autres notamment, mon conjoint du temps…

Au fond, sans le savoir, ils m’ont donné la clé pour me sortir de cette petitesse à laquelle on voulait me réduire.

Alors, que chez les ouvriers et gens ordinaires on nous démontrait par A + B que la fierté confondue trop souvent pour de l’orgueil était un péché; chez les biens nantis, la bourgeoisie et les riches, on leur apprenait tout le contraire.

A ce sujet, Luce Guilbault, grande comédienne devant l’Éternel, racontait un jour que lorsqu’elle était pensionnaire chez les Ursulines, elle qui était fille de médecin, on lui répétait constamment qu’elle était au-dessus des autres: « N’oubliez pas mesdemoiselles, que vous êtes la crème de la société ». Faut croire que le message différait selon l’auditoire auquel on s’adressait!!)

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