La courtepointe de mon enfance

Quand j’ai vu cette photo, les souvenirs sont remontés quasi immédiatement. Que ce soit le toucher, la chaleur que ces courtepointes dégageaient sans compter l’admiration pour le travail de ces femmes qui les fabriquaient à partir de vieux vêtements qu’elles recyclaient ainsi au lieu de les mettre aux poubelles.

A croire que le recyclage, les québécois connaissent ça depuis longtemps!

Quand j’avais environ 13 ans, j’étais pensionnaire. Les français diraient « pupille de l’État ». Après deux ans passé à l’Orphelinat de Marieville, on m’a placée dans une famille d’accueil. Les Amnotte qui vivaient à Ville d’Anjou.

Quand arriva le temps des Fêtes, toute la famille se rendit à St-Malachie, dans la magnifique région de Chaudière-Appalaches. C’était là que la famille de Monsieur Amnotte avait une terre et une maison ancestrale.

J’ai vécu cette fois-là, un véritable Noël québécois. Nombreuse famille dans la cuisine, autour de la table, avec le poêle à bois qui nous chauffait le dos, la table pleine de victuailles, dinde, tourtière, fêves au lard, jambon, pain de ménage et j’en passe. Le party pognait et la musique traditionnelle nous suivait jusque dans nos lits le soir. Elle filtrait à travers les grilles de chauffage en fonte qui laissaient monter la chaleur aux étages des chambres.

Et le soir pour dormir, nous nous enveloppions dans des courtepointes du genre que vous voyez sur la photo du haut. En général, la maîtresse de maison avait fait les lits et déposé la courtepointe et finalement la « catalogne » par dessus.

J’ai encore l’impression de toucher la laine rugueuse des carreaux cousus les uns aux autres, la chaleur et la pesanteur de la couverture sur mon corps. Et je m’émerveillais des motifs créés un peu à la va-comme-je-te pousse qui, une fois réunis semblaient dessiner un losange ou des obliques ou des carreaux s’imbriquant les uns dans les autres.

Quand je pense à ces soirs où les mamans patientes, préparaient les tissus, les coupaient, puis les cousaient par bandes avant de les réunir et de leur faire un « fond » uni. Souvent ces couvertures étaient faites de laine pour l’hiver et de coton pour l’été. Des heures passées à coudre et piquer les différentes pièces… Quant aux catalognes, elles avaient été tissées patiemment sur des métiers à tisser bruyants.

Autrefois, j’aurais aimé me lancer dans ces ouvrages de longues durée mais, j’avoue que je n’ai jamais vraiment eu la patience.

Le plus que j’ai fait c’est une couverture dans les tons de bleu pour mon petit garçon mais au crochet. C’était joli mais ça ne m’a pas pris le dixième du temps que nos mères et grand-mères prenaient à fabriquer ces merveilles artisanes.

Aujourd’hui, les catalognes et les courtepointes faites à la main se vendent un prix de fou.

Je crains que la confection de ces magnifiques créations traditionnelles et artisanales se perde. C’est un peu la faute de ma génération, je crois.

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