La dépendance affective? vs la manipulation émotive (1) 

                                                                        Wells, 1984

Texte écrit en 2012 et révisé en 2017

Si aujourd’hui, je me décide à écrire sur les relations malsaines, sur la dépendance affective, surtout sur la manipulation émotive vécue ainsi que sur ma propre expérience de vie c’est sans aucun doute pour aider celles (et ceux) qui en subissent aujourd’hui les affres.

Et démontrer comment il est possible de cheminer et de s’en sortir.
Ayant vécu une relation de couple et familiale stable pendant dix ans, j’étais monoparentale depuis quatre ans, dépensant mon temps entre mon travail, la garderie, les soins à donner à mon petit et quelques sorties pour me changer les idées.  Ma vie était calme et paisible mais, je trouvais parfois lourd d’être seule à tout faire…
En 1985, je rencontrai alors celui qui deviendrait ma passion, mon professeur, mon âme et mon conjoint durant plusieurs années.
Dès le départ, il y eût des « sonnettes d’alarme » auxquelles je ne prêtais pas attention tant j’étais subjuguée par sa beauté mâle, admirative, amoureuse et désireuse de vivre une belle aventure avec lui…
Je manquais alors un peu de confiance en moi malgré que je fonçais et réalisais des choses dont j’étais fière.  Mes amis me considéraient forte et solide…Et je me voyais comme telle sauf que…
On dit souvent que nous admirons chez les autres les qualités que nous possédons nous-mêmes sans en être conscients.
Je voyais chez lui une grande force de caractère, de la détermination, de l’honnêteté, le sens des responsabilités, une sensualité contenue et un sens du devoir et du travail comme je les avais constatés chez mon père et d’autres hommes de mon entourage. Ce gars-là tenait ses promesses, était ponctuel, avait de belles valeurs humaines et spirituelles et était très instruit, pour ne pas dire érudit.  Qui plus est, il ne buvait pas, ne fumait pas et ne prenait pas de drogues!
La recette parfaite pour que je lui donne mon coeur sincèrement.
Je rêvais d’une relation d’égal à égal, respectueuse, calme, tendre et d’ainsi vivre de belles expériences avec lui.
Ce qui se produisit en partie.
Nous avons bâti ensemble, fait de beaux voyages, eu de beaux soupers, avons acheté une maison.  J’ai appris énormément personnellement et spirituellement avec cet homme.  Il a sans doute été placé sur mon chemin pour me faire progresser plus rapidement du côté religieux et spirituel que si j’avais fait mes recherches seule durant des années.
                                                Mon fils et moi à Washington en 1986

Toutefois, il y avait des choses qui n’allaient pas.  Mon fils et lui ne s’aimaient pas la face comme on dit chez nous… Il y avait aussi de petites phrases négatives qui me faisaient parfois l’effet d’une douche froide. Des critiques plus ou moins subtiles, des regards, des silences, un manque d’affection assez sérieux. J’étais qualifiée de trop colleuse, trop affectueuse etc.  Pourtant, un jour je constatai qu’il y avait trois mois d’écoulés avant qu’il ne se rapproche de moi…

Lentement, j’appris à ne pas demander de relations intimes, à me taire sauf si ma colère prenait le dessus.  Son attitude indifférente me faisait mal.  Je constatais que je n’étais pas importante pour lui.  Parfois même j’avais l’impression d’être de trop.  Je me disais que lorsqu’on aime, on prend soin des émotions de l’autre, on le traite bien, on ne le « bardasse » pas émotivement.
Je tentais de lui en parler, de lui expliquer mon point de vue, maladroitement et en pleurant.  Mais rien ne semblait y faire.  J’avais beau essayer de lui parler en « je »…. inutilement.  Je lui trouvais des excuses, me disais qu’il n’avait pas eu l’affection qu’un enfant était en droit de recevoir et plus encore… Mais cela ne me rassurait que temporairement.
J’ai souvenir d’une fois où voulant faire ma part lors d’une réception familiale, comme il cuisinait comme un grand chef , je lui proposai de faire des tartes aux pommes pour participer moi aussi à l’élaboration du repas.  J’en réussis une mais eu moins de succès avec les deux autres.  Elles n’étaient pas brûlées mais moins « belles » que la troisième.
Le soir, devant ma famille qui était toute fière de se faire servir un dessert de ma confection, il leur dit alors:  « Oui, cette tarte-ci est réussie mais, vous devriez voir les deux autres ».  Il y eût un silence de mort autour de la table et plus tard, mes parents m’apprirent qu’ils s’étaient retenus de ne pas l’invectiver.
Je ravalais.  Je pleurais seule dans ma chambre me demandant qu’est-ce que j’avais fait de mal pour qu’il se conduise ainsi avec moi.
Plus tard, une troisième personne est entrée dans notre vie, il lui prêtait plus attention qu’à moi.  J’ai tout tenté pour qu’il me redonne l’attention dont elle bénéficiait à mes dépens… Rien n’y fit.  La dernière année de notre vie commune, elle prit de plus en plus de place dans notre relation et n’en pouvant plus,  je finis par décider qu’il fallait que je le quitte.
La rupture fut si pénible que je pensais ne pas y survivre.  Plusieurs fois, j’ai songé à me jeter devant une rame de métro ou de rester au fond de la piscine afin de ne plus avoir mal. Le désespoir était total.
Mais, comme j’avais déjà commencé à me reprendre en main, je décidai de passer au travers, de vivre cette séparation, cet arrachement et d’en sortir gagnante.  Et puis, surtout… il y avait mon fils qui avait besoin de moi.
Il me fallait être forte.  Vaincre ce mal et ce chagrin dévastateur.
(suite…)
Au début de 1990

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